Cela parce que le franquisme commençant y a, d'une part « une forte composante fasciste » mais, d'autre part, le régime de l'Espagne de Franco n'est « pas dominé ni construit par des fascistes génériques ou catégoriques », et la composante fasciste évoquée est « enserrée dans une structure de droite, prétorienne catholique et semi-pluraliste »[52]. Ainsi, l’avant-garde russe cherche à créer une manière de contestation, non pas en s’opposant directement au pouvoir mais, en montrant qu’un futur meilleur était possible. Certes, c'est un homme de l'ancien régime, et la déception des réformateurs est d'abord grande, mais justement en cette qualité d'homme auquel les soutiens du système font confiance, Suárez peut oser le pas décisif. Il recevra là un enseignement très conventionnel : une histoire officielle, où il apparaît que l'Espagne a été une grande nation victorieuse, et que ses seules défaites ont été imputables à des civils... L'H : Le moment décisif pour sa carrière, c'est son séjour au Maroc ? Dans le détail, les buts politiques des participants à la coalition sont presque totalement incompatibles. Ces nombres sont confirmés par. En 1953, Franco signe avec le Vatican un concordat très avantageux pour le Saint-Siège[82]. Cependant, sans évoquer ses tortures, parce que l'encyclique contient comme thème une condamnation du communisme. La société espagnole se partage entre vainqueurs et vaincus, et « les vaincus, qui ont incarné aux yeux de Franco le mal absolu, doivent payer et expier »[12]. Franco se voit obligé de changer de cap. Dès son instauration, la dictature franquiste établit en Espagne un régime national-catholique, autoritaire et patriarcal qui mit en avant le statut de l’homme au détriment de celui de la femme, et encouragea la division traditionnelle des tâches familiales en fonction des sexes. Jusqu’à l’âge de 12 ans, il fut placé dans une école privée que dirigeait des prêtes catholiques. C'est pourquoi on peut diviser l'ère de la dictature en plusieurs phases. Appuyé en particulier par son ministre des Affaires étrangères, Serrano Súñer, qui n'est autre que son beau-frère, il envisage d'entrer en guerre en échange de Gibraltar, du Maroc français et de l'Oranie[25] mais l'échec allemand dans la bataille d'Angleterre l'incite à la prudence. Franco résout ce dilemme en ramenant sous son contrôle personnel tous ces groupes en lutte politique, en partie par la contrainte, en partie par la persuasion et les promesse ; il dirige leurs énergies politiques surabondantes vers des querelles secondaires dans le cadre du Movimiento Nacional. ». Une histoire édifiante du « Christ-Roi » particulièrement largement colportée sous le franquisme, mais probablement au moins enjolivée est par exemple celle du sort du jeune carliste António Molle Lazo[n 29], qui aurait dû crier à une bande de « marxistes » : « ¡Muera España! Toutefois, bien que l'Espagne se rapprochait des États-Unis et des Occidentaux, elle n'a jamais reconnu l'État d'Israël et s'est toujours opposée à sa reconnaissance[11]. Même les cas de ces 4 500 citoyens ne sont traités qu'en traînant les pieds et avec une dureté tout administrative[104]. Saviez-vous que le dictateur espagnol Franco a toujours la légion d'honneur en France ? Salvador de Madariaga pense que le seul pays dont le régime (contemporain) est comparable à celui de l'Espagne franquiste est la Yougoslavie, où un « général a conquis le pouvoir avec un drapeau à la main, puis est resté au pouvoir, avec ou sans le drapeau qui a permis sa réussite »[62], tout en mettant certes la restriction que Tito a toujours laissé supposer une conviction idéologique. » étaient, selon l'opinion de Payne, comme la reprise de certaines institutions du parti ou de l'État (comme l’Auxilio de Invierno, atelier d'aide hivernale) n'étaient dans les premières années « que des imitations du fascisme italien ou à l'occasion du national-socialisme »[45]. Dans cette pièce des tableaux en nombreuses langues racontent l'horrible dialogue que Moscardó a eu avec son fils Luis tenu prisonnier. Les CC.OO utilisent d'une certaine manière les principes de guérilla dans le domaine des luttes du travail : elles organisent les travailleurs pour la lutte pour des buts chaque fois matériels et bien délimités, sous forme de groupements qui sont ensuite immédiatement dissous[pas clair]. En raison de son itinéraire de confrontation de plus en plus virulent, l'équipe de direction de la HOAC est finalement destituée sous la pression du régime. D'après l'historien français Alfred Salinas, in. Les parties sociales-révolutionnaires du programme sont mélangées avec le traditionalisme jusqu'au point où l'on ne peut plus les reconnaître, et il n'est plus question d'un contrôle du secteur bancaire, d'une réforme agraire ni de la nationalisation de l'industrie. Franco ne soutient jamais une idée désintéressée, qu'elle vienne de la logique, de la raison, de l'orgueil, de l'amour du prochain ou du sens du droit ; toute interprétation de ses actes qui admet comme explication la religion doit être erronée. La Phalange a même propagé explicitement le concept d'hispanité dans son programme d'octobre 1934. Presque sans choisir, les groupes de vengeurs autoproclamés qui se nomment eux-mêmes «, « À l'intérieur de l'Espagne, la religion n'est pas le seul lien entre les différentes provinces, mais elle est le plus grand (, Pour les nombres du Vatican, cf. En compensation de ce manque d’art franquiste on trouve grand nombre de portraits de Franco qui étaient exposés autant dans les endroits publics que dans des lieux privés, attestant d'une forme de culte du Caudillo. Également, des parties de l'armée, qui sympathisent avec la Phalange, se laissent mettre en opposition contre d'autres fractions au sein de l'armée. Il se contente de développer les échanges commerciaux avec l'Axe, d'offrir un relais radio aux sous-marins et aux services secrets allemands, puis d'envoyer une division sur le front de l'Est, la división Azul (50 000 hommes). Certes, le régime franquiste n'a toujours que peu d'alliés idéologiques (principalement en Amérique du Sud et le Portugal voisin), mais il est respecté. L'Église est directement représentée dans les Cortes (es), les clercs sont représentés au sein des postes politiques les plus élevés. Certaines parties du mouvement, comme le HOAC développent soit à côté, soit avec le mouvement illégal des syndicats libres des CC.OO les traits d'un syndicat, cela bien que l'action syndicale hors des Sindicatos verticales soit interdite. Selon Franco lui-même, il s'agit d'une erreur stratégique, mais assumée, car dans les guerres civiles, dit-il, les symboles ont une valeur énorme. Il s'ensuit l'échange d'ambassadeurs et, en 1951, le paiement de soutiens américains, qui mettent fin aux años del hambre, les années de la faim[110]. Les rivaux possibles, comme les généraux Sanjurjo et Mola se tuent en avion pendant la guerre civile (les 20 juillet 1936 et 3 juin 1937). Bernecker situe le nombre de ceux qui ont perdu la vie entre 1936 et 1944 par meurtre politique et condamnation judiciaire à 400 000. Cependant, si elle entend déloger Franco de son piédestal, la loi de Mémoire Démocratique ne revient nullement sur la loi d’amnistie votée en 1977, qui, tout en libérant les prisonniers politiques de la dictature, protégeait par la même occasion les cadres de l’Etat franquiste de toute poursuite judiciaire. D'une part, il s'agit pour l'Église espagnole, en prenant parti pour les nationalistes, de récupérer les privilèges perdus sous la Seconde République, marquée par l'anticléricalisme. C'est à ce moment qu'il accorde plus de poids au parti de la Phalange*, qui est incontestablement un rassemblement de caractère fasciste. Comme la Phalange n'a pas réussi là non plus à s'imposer, ceci a contribué au fait que les Phalangistes solidement attachés à l'idéologie, les soi-disant camisas viejas (vieilles chemises) se sont détournés de Franco et ont pris une position d'opposition orientée par le discours de Primo de Rivera jun. Le politologue allemand K. von Beyme constate aussi que l'on peut classer le franquisme « parmi les systèmes fascistes au moins jusqu'en 1945 » et que des éléments sont restés « à l'œuvre jusqu'à sa phase finale dans des éléments clérico-fascistes et corporatifs-fascistoïdes de sa politique »[50]. Le camp nationaliste espagnol a reçu ainsi un outil de propagande de premier choix dans la lutte contre la République qui, aux yeux de beaucoup d'observateurs à l'intérieur et à l'extérieur, peuvent justifier l'expression plutôt exagérée de cruzada (croisade) et l'ambition de défendre l'occident chrétien l'arme à la main contre la « barbarie rouge ». Mais bientôt, la situation tourne en faveur de Franco Avec le début de la guerre froide, l'OTAN ne peut plus se permettre de continuer à ostraciser l'Espagne qui est stratégiquement importante. L’Espagne franquiste ou franquisme (en espagnol : franquismo) est le nom non officiel utilisé pour désigner le régime politique de l'Espagne fondé par le général Francisco Franco, de 1936/1939 (guerre civile) à 1977 (premières élections libres durant le processus de transition démocratique). Parce que tu as lutté contre le matérialisme et l'égoïsme, et que, les hommes d'aujourd'hui, ayant oublié la grandeur de ton message, en ont fait leurs idoles. Les éléments constitutifs du franquisme peuvent se trouver en première ligne dans les lois fondamentales de l'État franquiste, ou dans le testament du dictateur — évidemment connu seulement après la mort de celui-ci, quoique Franco mette quelque soin à donner à ces lois fondamentales des formulations qui ne limitent qu'aussi peu que possible sa liberté d'action. Une des fosses communes probablement parmi les plus grandes a été découverte en 2003 à El Carrizal près de Grenade : on y a trouvé 5 000 victimes [167]. Il n'est donc, il faut bien insister sur ce point, ni l'instigateur ni le chef du soulèvement militaire. Chiffres selon. En 1954, Renault cède une licence à Fasa pour produire la 4 CV, puis s'installe à Valladolid (où sera créée la fameuse Renault Cuatro chère aux Espagnols). L'élan économique rapide des années suivantes sauve le régime et légitime également la domination de Franco sur le plan économique. Dans ce mémorial sont enterrés, à côté des ossements de dizaines de milliers de combattants des partis nationaliste et républicain, non seulement Franco lui-même, mais aussi le fondateur de la Phalange José Antonio Primo de Rivera. La nouvelle organisation F.E.T. Il recherche la proximité des institutions ecclésiales auxquelles il demande une légitimation, qu'il obtient. Représentations toutefois courantes dans les ossuaires ou mausolées chrétiens. L’Opus Dei arrive sur le tard parmi les forces et organisations qui soutiennent l'État. Ils avaient des visites non pas tous les six mois, mais deux fois par semaine. Cependant, le Movimiento garde jusqu'à la fin une position inébranlable par l'organisation professionnelle de l'État, par sa représentation dans les Cortes Generales ainsi que par son influence sur le système universitaire et les médias de masse : la radio et la télévision sont complètement contrôlées par le parti d'État, la presse en grande partie. Chercher. nécessaire]. Cette lutte pour la religion devient un mythe fondateur du régime franquiste (voir infra). Il meurt en novembre 1975, au terme d’une longue maladie. Son attention se serait portée sur l'Opus alors qu'il cherchait à se séparer de sa femme. Diego Gaspar Celaya. Il soumet sa demande le 9 février 1962. Il ne fait vraiment confiance qu'à un tout petit nombre de personnes, en dehors de sa famille. Comme Bernecker l'expose[76], malgré ce renforcement relatif des compétences, dans les années suivantes, le manque de représentativité de la direction du syndicat, l'irresponsabilité de la chaîne de commandement, et la dépendance du syndicat vis-à-vis de la direction politique ont été critiqués. Ces structures se révèlent inefficaces, d'abord à cause de la répartition peu claire des responsabilités, et, déjà avant la mort de Franco, parce qu'elles sont largement contournées par les CC.OO. Le catholicisme devient la seule confession autorisée à célébrer des cérémonies et manifestations publiques. Pendant des heures entières ils se dispensaient des cours. Franco, conformément à cette économie politique à la motivation idéologique, vise à rendre l'Espagne indépendante des importations et pour l'essentiel à ne produire que pour la consommation intérieure. Ils admettent néanmoins que le début du régime fut de caractère fasciste sous maints aspects, ou tout au moins a montré des éléments fortement fascistes. Accueil Mots-clésdictature de Franco. Il est rapporté que des forces s'élèvent contre le régime — étudiants, Basques, Catalans, clergé des dernières années — et quelles sont leurs revendications : par exemple le droits d'association et de grève pour les travailleurs. Cette prétention à la direction ne doit pas être comprise au sens d'un nationalisme agissant agressivement vers l'extérieur. Franco voit le danger de l'échec, et s’efforce alors de réunir sous sa direction les forces participant à la guerre civile du côté nationaliste, et de porter la grandeur symbolique au-dessus du sens de la bataille contre la république. ». L'Opus Dei permet à Franco de donner à l'Espagne un élan de modernisation très large, sans que la congrégation soit obligée par là d'introduire une libéralisation politique, même si Bernecker souligne que « au sein de l'Opus Dei il est resté constamment un pluralisme d'opinions relativement large, notamment en ce qui concerne la forme de l'État ou les concepts économiques »[92]. Il reformule son programme ainsi : « La couronne a exprimé son vœu de faire de l'Espagne une démocratie moderne. Pendant le premier tiers du franquisme, l’État rend responsable l’avant-garde artistique de la perte d'identité de l’art national. Mais au Maroc, il a acquis une stature nationale. La proportion d'agriculteurs dans la population active chute de 50 % à 28 % dans le même temps. » (Ils ne passeront pas !). y de las JONS représente, en raison de son hétérogénéité, un compromis qui offre quelque chose à tous : aux antimonarchistes espagnols aussi bien qu'aux fidèles du roi, de l'ancienne droite aux phalangistes fascistes, d'orientation parfois social-révolutionnaire. Juan Carlos se voit immédiatement entre le marteau et l'enclume : la gauche et le centre, qui le somment de prendre un virage radical avec l'ancien régime, et la Guardia Civil, l'armée et le Movimiento Nacional, qui font savoir au roi qu'ils contribueront à de petites retouches, mais jamais à une reconstruction complète de l'État. Selon Bernecker, d'autres groupes, qui comptent moins de membres, mais dont l'influence en Espagne ne peut pas être négligée, comme les latifundistes ou la grande finance, font également patrie du système de manière plus secondaire. À la suite d'une visite de Himmler, le 13 mai 1941, Franco émet une circulaire visant à ficher les 6 000 Juifs d'Espagne en précisant leurs convictions politiques, modes de vie et « niveau de dangerosité »[26]. Ainsi, le 20 novembre 1956, le secrétaire général de la Phalange, José Luis de Arrese Magra, avait prononcé à la radio espagnole une allocution où il exprimait ses réserves à l'égard de la récupération par Franco de son mouvement : « José Antonio, es-tu content de nous ? L'historien Hugh Thomas[137] raconte l'histoire du prêtre de Navalmoral, à qui ses bourreaux font jouer la Passion du Christ, en le fouettant, avec une couronne d'épines et une éponge imbibée de vinaigre, avant de se lasser de ce jeu et de l'exécuter d'un coup de feu au lieu de le crucifier, pendant qu'il bénit ses assassins et les pardonne. À partir de l'époque de ces travaux, on mène des débats sur la présence du nom du dictateur sur de nombreuses plaques de rue et, à bien des endroits, le faisceau de flèches phalangiste. Cette aide étrangère fut décisive pour les rebelles, d'autant que malgré les Brigades internationales, le camp républicain ne bénéficia d'aucun appui comparable. Dans la constitution de 1876, le catholicisme est déclaré définitivement, comme en 1812, religion d'État et l'Église récupère progressivement ses anciens droits. Pour la droite espagnole, une telle gouvernance religieuse et morale n'est plus d'actualité pour l'Espagne. Ce qui lui confère un pouvoir de droit divin. Franco se voit comme administrateur du royaume, qui veut préparer le retour de la monarchie. ¡Franco!en la guerra y en la paz. Sur la suggestion du gouvernement socialiste de Zapatero, le parlement espagnol vote une loi selon laquelle les jugements injustes de la période franquiste sont déclarés illicites, et les derniers symboles et monuments de la dictature peuvent être supprimés, même contre la résistance des communes. D'abord, le Premier ministre Carlos Arias Navarro — qui annonce explicitement vouloir continuer le franquisme — et son gouvernement restent à leur poste. Un autre contre-exemple est constitué par l’École d’Altamira (1949-1950) qui organise la Première Semaine internationale d’art contemporain qui pose la question de la liberté en art. Le 8 août 1969 éclate le scandale Matesa (Maquinaria Textil S.A., une des plus grandes sociétés multinationales espagnoles), qui porte sur une fraude de millions de pesetas au détriment de l’État espagnol. Franco ne croit jamais qu'en Franco. C'est pourquoi le 1er octobre deviendra ultérieurement dans le calendrier franquiste le « jour du Caudillo ». Bien qu'il ne soit pas question d'une adhésion de l'Espagne franquiste à l'OTAN, Franco peut atteindre à un statut proche grâce au traité sur « les points d'appui » conclu avec les États-Unis (Tratado de Amistad y Cooperación, traité d'amitié et de coopération). Je pense que le sommet de sa popularité a été atteint entre 1955 et 1965, mais il faut bien comprendre que subsiste une opposition radicale au régime dans la clandestinité. Cette union originale d'un mouvement révolutionnaire avec un réactionnaire[n 3] arrive sous l'action du beau-frère de Franco, Ramón Serrano Súñer, qui lui-même n'appartient ni à la Phalange, ni aux carlistes, mais à la CEDA. […] L'État se montrait incapable de contrôler entièrement le système éducatif : il l'abandonnait en majeure partie à l'Église […] et en ce qui concerne l'utilisation systématique de moyens terroristes, ce n'est nullement une caractéristique des systèmes fascistes. La désignation des représentants devant les Cortes (es) ne se fait pas au suffrage universel mais par désignation du gouvernement ou élus par des corporations économiques et culturelles (système du corporatisme). On aurait tort de laisser le clergé espagnol seul responsable de cette prise de position, le Vatican, d'abord prudent, ne cachera pas son appui à Franco. En septembre 1940, après la défaite de la France, il propose à Hitler d'entrer en guerre à ses côtés, mais Hitler, qui n'en a pas besoin à ce moment-là, néglige cette proposition. En revanche, le système, en Italie et encore plus en Allemagne, s'appuyait majoritairement sur les classes moyennes et le prolétariat — bien que des compromis et des alliances avec les élites ou certaines de leurs parties y aient été conclus en échange de contributions au soutien à Mussolini et Hitler. B. : Non, et cela d'autant plus qu'à partir de 1973 et de l'assassinat de Carrero Blanco par les séparatistes basques le pouvoir a été capté par le nouveau Premier ministre, Arias Navarro : c'est un gouvernement très réactionnaire, qu'on a appelé « le bunker » . En 1954, Franco inaugure dans un acte mémorial la « nouvelle Belchite » construite à neuf dans le voisinage. Formé à l’école militaire de Tolède (1907-1910), il servit de 1912 à 1927 au Maroc et fut chargé en 1920 d'organiser la Légion étrangère espagnole. Dès 1943, la « Ley de Ordenación de la Universidad española »[95] (loi d'ordonnance de l'université espagnole) initie un processus d'épuration dans les universités espagnoles, tout particulièrement à l'université de Madrid. Le franquisme est donc bien installé au sortir de la guerre en Espagne. Cela conduit à de grands problèmes pour l'approvisionnement de la population. La Loi organique de l'État de 1967 énumère les fins de l'État, fixe les pouvoirs du chef de l'État et déclare sa responsabilité politique. Ce plan de stabilisation, conçu par le catholique libéral-conservateur Alberto Ullastres[27], membre de l´Opus Dei, est instauré le 21 juillet 1959. Le 17 mai 1958 est édictée la loi sur les principes du Movimiento Nacional (Ley de Principios del Movimiento Nacional), qui n'est pas seulement valable pour le Movimiento en tant que tel, mais qui a des conséquences bien au-delà. La même année, la nouvelle organisation s'accorde sur un programme politique en 27 points, prônant notamment la suppression de la démocratie et l'instauration d'un syndicalisme national. En 1938, la loi fondamentale sur le travail, ( Fuero del Trabajo) est édictée, mais elle n'est promulguée comme loi fondamentale que le 26 juillet 1947. L'Eglise catholique espagnole exerce dès cette époque une forme de censure sur l'ensemble des médias[réf. Il intégra ensuite l’École de préparation navale avec l’objectif de suivre les pas de son père et de son grand-père dans la marine de guerre. Une branche féminine est également créée, la Sección Femenina, qui défend une vision très conservatrice du rôle des femmes, estimant qu'elles se doivent de rester soumises aux hommes et de se consacrer à leur foyer. Ni les rois catholiques, ni les Habsbourg, ni les Bourbons n'ont atteint même de loin une identification entre la puissance étatique et la volonté personnelle, telle que celle que Franco réussit à faire pendant les 39 ans de sa domination. Même si les plus importants trésors de l'art sont restés intacts pendant la guerre civile, il reste que d'innombrables objets d'art ont été irréversiblement détruits par ce genre d'attaques[129]. Ainsi, Payne suppose que dans le cas de triomphe de l'Axe à l'issue la Seconde Guerre mondiale « le franquisme serait vraisemblablement devenu ouvertement fasciste. César, Pompée, Brutus, Antoine, Caton et Cicéron — à tous ces génies manquait le talent élémentaire qu'est survivre aux événements. La répression concerne aussi les usages publics de la langue locale. B. Il n'y a donc qu'une seule chose qui compte pour lui à l'époque : l'armée, l'idée grandiose qu'il s'en fait, et le défi qu'elle lui permet de lancer à la mort. Dans un autre cas, un monument a été simplement renommé. Bernecker par contre souligne que la doctrine de l'Opus Dei donne « par un fort accent sur l'éthique du travail et du devoir […] une grande importance à la superposition de structures et attitudes précapitalistes avec une mentalité économique capitaliste[91]. Cette affaire serait révélée par la Phalange, qui souhaite par là dépouiller de son pouvoir son encombrant concurrent. Ce dernier comprend l'enregistrement de la population dans des organisations professionnelles. On aurait tort de laisser le clergé espagnol seul responsable de cette prise de position, le Vatican, d'abord prudent, ne cachera pas son appui à Franco. La loi organique (Ley Orgánica del Estado) du 11 janvier 1967 vient remplacer la constitution franquiste. La ville presque complètement démolie par les combats, et que les troupes de Franco reconquièrent en 1938, n'est jamais reconstruite, comme symbole et monument de la « barbarie rouge »[n 24]. Par la suite, Franco se rend compte que la résistance anglaise peut être durable et que son pays est lui-même dans un état désastreux. En Catalogne, l'entrée en scène de Raimon le 18 mai 1968 (connue comme le 18 de maig a la villa) est légendaire, avec les centaines de milliers de spectateurs affluant malgré les policiers distribuant des coups de matraque autour d'eux. Diego Gaspar Celaya. Le clergé mène régulièrement des actions de dénonciation auprès des tribunaux franquistes à l'encontre des paroissiens restés fidèles aux idées républicaines ou des communistes[réf. Ce nouveau gouvernement, représentatif de la haute bourgeoisie financière, apparaît alors comme celui de Carrero Blanco et de Laureano López Rodó plutôt que celui de Franco et exclut un grand nombre de ceux qui formaient la colonne vertébrale du régime depuis 20 ans[29]. La politique d'autarcie a plusieurs causes. Franco, le dictateur qui en chassa un autre. Dans ce contexte l'abbaye de Montserrat où des messes sont dites dans la langue catalane interdite trouve un certain renom. L'Espagne obtient cependant peu de soutien de la part des États-Unis[n 19],[111]. Au contraire, dans le territoire nationaliste, c'est à peine si l'on essaie de réagir contre les actes de violence à l'arrière. Dès 1962, des membres de l’Opus Dei occupent tous les portefeuilles du gouvernement importants sur le plan économique[87]. Lidéologie franquiste exaltait une Espagne traditionaliste et antimoderniste, fondée notamment sur la religion catholique et le corporatisme. Bernecker rapporte une anecdote caractéristique dans laquelle se trouvent sur le bureau de Franco deux dossiers : un pour les problèmes qui ne sont pas résolus avec le temps, et un autre pour ceux qu'il faut encore résoudre avec le temps[69]. Francisco est un enfant ordinaire, introverti. Le régime autoritaire de Franco ne l'empêche pas, alors que cela est inenvisageable dans les systèmes totalitaires — pour s'en convaincre il suffit de penser à Gregor Strasser ou à Ernst Röhm. Quoique que les phalangistes aient siégé dans la plupart des gouvernements de Franco, il est difficile de percevoir dans ce mouvement un défenseur efficace du régime. La nature exacte du régime franquiste, en comparaison notamment avec l'Italie fasciste et l'Allemagne nazie, prête à controverses, celles-ci étant fondamentalement liées à des discussions théoriques sur la définition et l'étendue du concept de « fascisme » voire de « totalitarisme ». Quand le prétendant du mouvement carliste, Francisco Javier Ier exprime sa compréhension pour les tendances autonomistes des Basques et des Catalans et que son fils Carlos Hugo désigne son père à juste raison comme un opportuniste en raison de cette position, aux adhérents du mouvement carliste dans la ligne du plébiscite de 1966 sur la loi d'organisation de l'État (Ley Orgánica del Estado), Franco fait exiler le prétendant et tous les princes de la seconde dynastie carliste. Alors que les nostalgiques de la dictature rendent hommage à Franco une fois par an, une dame s’approche en tendant un tract : “Toutes les semaines depuis 9 ans je viens ici. Son corps a été déplacé pour une tombe située dans la banlieue nord de … D'ailleurs, Bernecker expose que l'expression autoritarisme s'est imposée pour décrire le type de système franquiste[61]. Julián Casanova Ruiz. Certes, il a profité du fait que pendant toute sa période de gouvernance aucun concurrent sérieux ne s'est jamais présenté. Pour sa part, le Parti communiste espagnol (PCE) s'insère clandestinement au sein du Syndicat Vertical sous la forme de Comisiones Obreras, qui se définissent comme des mouvements de défense de la classe ouvrière[28]. La propagande franquiste met l'accent sur les valeurs traditionnelles nationalistes et religieuses, dont le sommet est le terme de « croisade » qui en est le leitmotiv. On y parle en détail de treize évêques, 4 184 prêtres, 2 365 moines et 283 nonnes. Selon l'historien britannique Antony Beevor, le nombre total des victimes de la répression franquiste pourrait approcher les 200 000, compte tenu du fait que le bilan de la guerre civile dans plusieurs provinces espagnoles n'a pas encore été réalisé[18]. Le franquisme, tiré du nom du général Franco, repose davantage sur la personnalité du dictateur que sur une idéologie bien définie. Et la guerre civile vient en effet cristalliser cette obsession. Elle prend le contrôle des réseaux radiophoniques, notamment la chaîne COPE, et des publications des Éditions catholiques, actionnaire de la presse périodique de Madrid comme Ya. Le dictateur aux deux visages La passion du pouvoir (dont témoigne la loi du 8 août 1939 par laquelle il s'autoproclame chef de l'État à vie) et l'anticommunisme furent les deux ressorts majeurs de l'action de Franco qui, jusqu'à sa mort, exerça une dictature. Le symbole du miracle économique espagnol est la Seat 600, copie conforme de la Fiat 600 italienne, la première voiture pour beaucoup d'Espagnols. Elle s'oppose également à une participation directe des femmes dans la vie politique du pays : « La seule mission assignée aux femmes est le foyer »[10]. Ainsi une justification morale peut être opposée à la position républicaine que la démocratie doit être défendue contre le fascisme. Le concordat prévoit notamment des cours de catéchisme obligatoires de l'école primaire jusqu'à l'université et qui doivent rester entièrement à l'unisson de l'enseignement dogmatique et moral catholique. Le revenu moyen par tête des Espagnols peut être augmenté de 315 dollars en 1960 à 827 dollars en 1971[113]. Elles font école dans les provinces basques, celles de Barcelone et de Madrid. Développer Le système franquiste, restaurateur en soi, s'appuie essentiellement sur les élites et sur les institutions traditionnellement puissantes en Espagne, comme avant tout l'Église catholique. Ce n'est qu'en 1958 que les délégations d'établissement établies en 1947 reçoivent le droit de représenter les intérêts des ouvriers dans les accords d'établissement.