En France, le vol de cuivre, en particulier celui des câbles qui alimentent le réseau ferré, est régulièrement évoqué dans les médias : les cours élevés de ces métaux expliquent la rentabilité de ce type de récupération. Schéma institutionnel de gestion des déchets au Bénin 78 2.1 Cadre Législatif 78 Assaad Fawzia, 2004, Ahlam et les éboueurs du Caire, Grolley, L’Hèbe, 389 p. Austin John, 1970, Quand dire c’est faire, Paris, Le Seuil, 183 p. Bahers Jean-Baptiste, 2012, Dynamiques des filières de récupération-recyclage et écologie territoriale : l’exemple du traitement des déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE) en Midi-Pyrénées, Thèse de doctorat en géographie et aménagement sous la direction de M.-C. Jaillet et A. Rouyer, Université Toulouse II-Le Mirail, 491 p. Barbier Rémy, Laredo Philippe, 1997, L’internalisation des déchets. 27 D. Darbon explique ainsi que, en Afrique, la notion est directement héritée du colonisateur (britannique, français, belge, portugais…) et produit des effets juridiques différents selon ces héritages. 18 Sociétés urbaines et déchets, par la mise en perspective de 16 études de terrain localisées dans 17 villes du monde, propose une réflexion sur les différentes modalités de prise en charge des déchets dans des sociétés urbaines, en apparence très éloignées les unes des autres en raison de la diversité de leurs acteurs, de leurs politiques et modes de gestion. Lhuilier Dominique, Cochin Yann, 1999, Des déchets et des hommes, Paris, Desclée de Brouwer, coll. Ainsi, le Bureau international du travail prend acte, en 1993, de la remise en cause de l’aspect souterrain et illégal du secteur informel alors que les activités dites « informelles », loin de se cacher, s’exercent en plein jour (Charmes, 2012) et qu’elles sont étroitement imbriquées au secteur formel. Comme l’explique M. Durand dans l’exemple de Lima, l’inégalité territoriale en ce domaine est d’autant plus forte que les plus grands producteurs de nuisances, mais les moins vulnérables, sont les quartiers aisés qui font évacuer leurs déchets : ceux qui réduisent le plus la vulnérabilité urbaine sont justement les plus vulnérables, à savoir les récupérateurs. Ils réinterrogent les catégories habituelles évoquées ci-dessus ; ils bousculent l’évidence des cloisonnements géographiques ou culturels. ), Le déchet, le rebut, le rien, Seyssel, Champ Vallon, p. 200-209. 87Paradoxalement, la diminution de la vulnérabilité du système urbain se traduit par l’exacerbation de la vulnérabilité de certains groupes de population : à Lima, les habitants les plus exposés aux risques produits par les déchets sont aussi ceux qui permettent – grâce à leur travail – de diminuer l’impact des déchets sur l’environnement urbain et de réduire ainsi la vulnérabilité globale de la ville. * - Bulletin Info Santé Déchets. Comme à Casablanca, les chauffeurs font des détours pendant leur circuit pour vendre les matériaux pré-triés (papier, carton, aluminium, vieux meubles ou résidus organiques, etc.). L’on voit bien ici comment la valorisation du déchet vit encore une autre étape : le passage du déchet-ressource au déchet-produit entraîne un déplacement de la valeur du déchet et implique des concurrences et conflits entre acteurs, mais agit aussi sur l’organisation du territoire urbain. La Directive européenne du 20 décembre 1994 sur la valorisation globale des déchets et de la protection de l [envi onnement montre la nécessité de créer des filières de traitement séparées pour les déchets dangereux (symbolisés par les piles des baladeurs). 9 La définition de la valorisation se limite en général à la transformation des déchets ainsi qu’en témoigne la directive européenne 2008/98/CE du 19/11/2008 : « Toute opération dont le résultat principal est que des déchets servent à des fins utiles en remplaçant d’autres matières qui auraient été utilisées à une fin particulière, ou que des déchets soient préparés pour être utilisés à cette fin, dans l’usine ou dans l’ensemble de l’économie. Ils témoignent aussi, sans aucun doute, de la tendance à la circulation mondiale des modèles et des techniques de gestion des déchets. Elle est co-initiatrice et co-rédactrice avec Claudia Cirelli du site et carnet d’hypothèses Sociétés urbaines et déchets (http://sud.hypotheses.org/). Pratiques de récupération et ges... Portail de ressources électroniques en sciences humaines et sociales, LA FIGURE DU RÉCUPÉRATEUR, PRATIQUES ET TERRITOIRES, Les pratiques de récupération : entre marginalité et inclusion, L’articulation des systèmes et ses limites, TERRITOIRES DES DÉCHETS, TERRITOIRES DE COLLECTE ET INÉGALITÉS SPATIALES, La « double peine » qui pèse sur les quartiers des récupérateurs, Inégalités et injustices spatiales à l’échelle urbaine, SOCIÉTÉS URBAINES ET DÉCHETS : UNE MISE EN PERSPECTIVE INTERNATIONALE, Récupérer et valoriser : entre marginalisation et reconnaissance, Réformer et gouverner : conflits et reconfigurations territoriales autour des déchets, La gestion conflictuelle des déchets en Isère : entre blocage de la décision et mobilisations locales, « Elle était petite, elle ne se voyait pas » : mobilisation et conflit autour d’une décharge en Isère, Itinéraires résidentiels et processus de territorialisation, Suggérer l'acquisition à votre bibliothèque. Les PPP sont le transfert et le contrôle, partiel ou intégral, de la responsabilité de services urbains (santé, assainissement, déchets, etc.) Le Grenelle de l'Environnement a fixé des objectifs ambitieux pour les déchets, dont les déchets des entreprises. Il s’agit ici des acteurs de la récupération et de leurs pratiques professionnelles. Elle a été réalisée pour l’ADEME par le groupement PROVADEMSE – GIRUS – TRINOV de mai 2011 à avril 2012, sur la base d’une première version créée en 2002 par TRIVALOR (suite à une étude de cas réalisée en 2001) et d’une seconde étude de cas en 2011 dans le cadre de son actualisation. Or, depuis quelques années, on note une nette motivation des pouvoirs publics à mettre en place des outils de gestion de l’environnement, dont ceux des déchets. » (Lautier, 2013, 46) La discussion de la notion d’« informel » n’est pas l’objet de cet ouvrage, même s’il est sûr que les exemples développés rendent bien compte de l’hétérogénéité du secteur évoqué par les travaux originaux et engagés du sociologue récemment disparu B. Lautier. L’assertion de H. Coing et I. Montano, cités par E. Dorier-Apprill (2006, 397), prend ici tout son sens : « […] les déchets des riches font travailler les pauvres », puisqu’elle explique l’intérêt, voire la concurrence, pour collecter dans les quartiers les plus aisés. Conflits, négociations et stratégies d’acteurs », Égypte-Monde arabe, no 8 : « Développement durable au Caire : une provocation ? Son rôle est d’aider au renforcement des organisations des travailleurs informels – en particulier les femmes – et à la solidarité de ces organisations à un niveau international. En pratique, la matière première secondaire est un déchet qui a été transformé et/ou combiné, en vue d’obtenir un produit utilisable dans les procédés de fabrication en remplacement de la matière première initiale. Depuis toujours, chaque établissement scolaire et assimilé gère ses propres déchets. 39En somme, ces premiers travaux se situent dans deux débats : d’un côté, la récupération est une activité marginale, relevant du secteur informel, mais destinée à disparaître lorsque le pays atteint un niveau de développement économique plus élevé (théorie de la modernisation et du développement) ; de l’autre, la récupération est une composante structurelle de l’économie capitaliste, soit parce qu’elle constitue un secteur à part entière de celle-ci, soit parce qu’elle en est une activité dépendante (approche marxiste ou de la théorie de la dépendance). Ses travaux portent sur les mobilités résidentielles, les politiques urbaines et les questions relatives à la citadinité en Égypte. ), 2011, Les travailleurs des déchets, Toulouse, Érès, coll. » Pour certains des auteurs, ces récupérateurs représenteraient même le dernier symbole de la pauvreté urbaine (Furedy, 1984). Enfin, les actions mises en place dans le cadre de projets de coopération Nord-Sud, ou Sud-Sud, associatives et/ou publiques comme celles des collectivités locales, peuvent aussi être créatrices de filières de récupération et recyclage qui ne leur préexistaient pas comme le montrent les exemples mauritanien, béninois et malgache. H. Castillo n’hésite pas à définir ce système de « féodal » et ces leaders jouiraient même d’un droit jus primae noctis au regard de jeunes mariées appartenant à la communauté des récupérateurs. La production des entreprises est dite marchande car elle s’échange sur un marché à un prix visant à couvrir les coûts de la production. De la même manière que L. Lomnitz, les auteurs se focalisent sur les relations de réciprocité qui organisent le travail des récupérateurs. Dujovneortiz Alicia, 2011, Chronique des ordures. Les chauffeurs de camions, les seuls à recevoir un salaire, sont épaulés par des « assistants volontaires » de leur parenté (frère, beau-frère, etc.) En outre, ils leur offrent un soutien affectif et moral face à la quasi-absence de toute autre participation organisée dans la vie de la cité ou de la nation. 7En effet, dans le cadre des réformes des services urbains dans les pays dits du « Sud5 », encouragées par les organismes et bailleurs internationaux, ce modèle occidental, idéalement fondé sur des critères d’excellence environnementale, nécessite aussi des équipements toujours plus sophistiqués, des savoir-faire spécialisés et des investissements importants. 45Jusqu’à une époque récente, la prise en charge des déchets se limitait à des opérations de nettoyage de la voirie, de ramassage des ordures entreposées dans la rue ou de collecte par des dispositifs informels ; les ordures étaient ensuite déposées dans des décharges plus ou moins légales, quand elles n’étaient pas tout simplement abandonnées dans la nature à la sortie de la ville. C - 13013 Marseille FranceVous pouvez également nous indiquer à l'aide du formulaire suivant les coordonnées de votre institution ou de votre bibliothèque afin que nous les contactions pour leur suggérer l’achat de ce livre. Programme. Cependant, ce continuum est loin d’être un système fermé : il n’évite pas la déperdition des déchets et n’empêche pas les points de rupture. Vivre des déchets. La partie B présente en détail le Règlement sur l’évacuation et le traitement des eaux usées des résidences isolées (chapitre Q-2, r.22), en y apportant les adaptations nécessaires compte tenu des modifications apportées au Règle- Pratiques agricoles à risque aux marges des villes mexicaines, Thèse de doctorat en géographie, Paris 8, 434 p. Cirelli Claudia, 2011, « “Lorsque la ville avait besoin de nous”. ), ce sont surtout les rapports de force et controverses entre acteurs qui témoignent des limites de l’expérience : certes, la filière de recyclage du plastique est désormais bien ancrée à Nouakchott, mais devenue un enjeu, elle a intégré de nouveaux venus et reconfiguré les relations entre les acteurs dont les intérêts peuvent diverger. Dans le sens commun, ces dénominations participent pleinement de la figure du récupérateur et de l’identité professionnelle des individus, des groupes et communautés qui travaillent avec et vivent du déchet. Ce dernier est étroitement lié aux transformations qui ont bouleversé les activités des zabbâlîn, la corporation des chiffonniers du Caire. Enfin, à un autre niveau encore, le rôle croissant joué par les entreprises privées, notamment les sociétés transnationales qui ont capté une grande partie du marché des déchets, témoigne des intérêts entrecroisés liés à la valorisation de ces rebuts. L’étude ethnographique menée par S. Pérémarty dans l’une de ces coopératives montre que, au-delà des représentations habituelles du coopératisme brésilien souvent présenté comme très innovant et a priori garant de meilleures conditions de travail, les catadores cooperados désirent quitter la coopérative, notamment parce que ce qui donne sens à leur travail est davantage le « braconnage », à savoir la récupération individuelle, que le recyclage destiné au collectif – ce qui remet en cause les principes mêmes du coopératisme. ». Ce concept de communauté est aussi présent chez K. Taira (1969) qui, dans son étude sur les ragpickers du quartier Ants Villa à Tokyo, décrit une communauté de travailleurs vivant dans le même espace, très organisée et liée par des relations fortes. C. Harpet dans son magistral travail de « philosophie des immondices » décrypte l’étymologie du mot déchet – « ce qui est jeté en bas » – et ses deux disqualifications conjointes : la perte – i.e. (dir. La croissance de la production et le développement, toujours plus rapide, de biens de consommation ont