C’était le cas au Nigeria en 2007, quand Olusegun Obasanjo, sortant, a usé de toute son influence pour empêcher que son vice-président d’alors, Atiku Abubakar, lui succède, en raison du rôle joué par ce dernier dans l’échec de son projet de modification constitutionnelle, l’année précédente, qui visait à lui obtenir un troisième mandat. Selon Carbone et St-Sauveur (2006), c’est dans trois pays seulement (le Botswana, la Gambie et l’île Maurice) que le multipartisme a survécu sans une parenthèse de parti unique. Ce processus a commencé « sous le signe du multipartisme, [relayé] par le bipartisme [dans certains pays] et le parti unifié » (1969, p. 91). Pour Sylla (1977), l’instauration des systèmes de parti unique en Afrique s’est faite selon des procédés politiques, juridiques ou institutionnels, mais aussi autoritaires et coercitifs. Ce critère permet aussi de constater leur suprématie avérée et non ponctuelle sur les autres, et de différencier ce système d’un autre qui serait multipartite. 58Quant au dernier critère – réconfortant – préconisant qu’il y ait au moins une alternance entre les deux principaux partis, il s’explique très aisément. figure 1.1. Mamoudou Gazibo Professeur de science politique, Université de Montréal Issaka K. Souaré a écrit un ouvrage incontournable pour ceux et celles qui s'intéressent à la démocratisation et aux partis politiques en Afrique, ainsi qu'à la question épineuse de l'alternance des partis au pouvoir. Mises à part les considérations normatives, les partis d’extrême droite européens qui œuvrent pour des causes particularistes – souvent déplorables dans une société multiraciale et multiculturelle – n’ont-ils pas de programme ou d’idéologie politique ? Le pouvoir législatif est exercé par le Parlement qui comprend deux chambres l' Assemblée nationale et le Sénat . L’on peut exprimer cette idée en d’autres termes, en arguant qu’un système bipartisan est un système multipartite compétitif avec deux chefs incontestables à bord. Dans presque tous ces cas, le parti au pouvoir a su obtenir plus de 60 % des voix aux élections présidentielles et le même pourcentage de sièges au Parlement, l’incertitude, à chaque élection, portant sur leur marge de victoire et rarement sur l’éventualité de perdre le scrutin. Cela est vrai tant pour ceux au pouvoir que pour ceux de l’opposition. D'autres partis tels que l' Alliance démocratique gouvernent les provinces et les municipalités , certains étant en coalition avec des partis … Vu que les partis doivent se préfinancer dans la plupart des pays, ces fonds sont parfois intégralement remboursables, peu importe le résultat obtenu, ou alors remboursables à condition d’obtenir un certain score ou nombre de sièges à l’issue des élections. Ce que cette crise a révélé, c’est que les partis et les leaders politiques sont souvent circonscrits, dans la définition de leurs programmes, par les désirs et les aspirations des électeurs. 51En effet, le système bipartisan pur, dans lequel n’existeraient que deux partis, est extrêmement rare. Chapitre I. L’avènement et l’évolution des partis politiques en Afrique. En effet, comme le montre bien Monga (1995), les activités et revendications initialement sectorielles et apolitiques des mouvements de la société civile ont souvent fini par prendre les connotations politiques de l’opposition. Mais le club aurait été clandestin ou non opérationnel jusqu’en 1991. (2005) déclarent que les partis politiques dans les pays en voie de développement – dont ceux d’Afrique – s’écartent substantiellement de leurs homologues occidentaux tels que la science politique les a saisis et analysés. 61En prélude aux élections législatives de septembre 2016, le PNS a réussi à se coaliser avec trois autres partis d’opposition pour former l’Union démocratique seychelloise ou, en créole local, Linyon Demokratik Seselwa (LDS). Le candidat du MpD était donc face à deux candidats indépendants.3. Ce sont ces groupes – dont la presse – qui ont assuré le relais entre le monopartisme et le multipartisme advenu dans la plupart des pays au début de la décennie 1990. 67Déjà en 1993, Ibrahima Fall faisait état de l’éclatement du paysage politique dans bon nombre de pays africains en une kyrielle de partis politiques, dont certains n’ont parfois qu’une existence nominale. Pour leur part, les actes ou chartes de création des partis eux-mêmes prévoient aussi des mécanismes démocratiques et de transparence dans la gestion et le fonctionnement interne de ces partis. Il montre que, à cette époque, des partis politiques tchadiens avaient bel et bien, par leurs professions de foi, leurs manifestes et leurs discours de campagne, des programmes de société. Souaré, Issaka K. “Chapitre I. L’avènement et l’évolution des partis politiques en Afrique”. Il est vrai que certains candidats peuvent « bénéficier » du vote ethnique, sans avoir nécessairement misé uniquement ou principalement sur cela. Pour beaucoup, défier le chef au risque de perdre les avantages du pouvoir est souvent considéré comme moins sage. Force est aussi de reconnaître que les pesanteurs résultant de cette situation peuvent avoir une grande influence, comme facteurs de décision, lors de la formation de coalitions électorales devant transcender les clivages particularistes en vue de parvenir au pouvoir. OpenEdition est un portail de ressources électroniques en sciences humaines et sociales. 8En plus de ces définitions générales, il sied d’offrir une définition des partis politiques qui, bien qu’universelle, cadre bien avec les partis politiques africains dans leur quête pour le pouvoir d’État : Les partis sont des instruments pour l’action humaine collective de l’élite politique, soit des politiciens tentant de contrôler un gouvernement soit des cadres gouvernementaux ou publics qui tentent de contrôler les masses. En effet, les premières constitutions de presque tous les pays africains nouvellement indépendants prévoyaient le fonctionnement de l’État sur la base du multipartisme. Mais cela s’explique facilement. 27S’il est vrai que la plupart des transitions de l’autoritarisme à la démocratie ont été « négociées » entre le pouvoir et les forces de l’opposition, les organisations de la société civile en ont été les fers de lance. 77Quelques exemples phares illustrent bien ce constat. Les principales sources de financement des partis politiques sont les cotisations des membres et militants inscrits, les contributions du secteur privé ou de personnalités fortunées qui ne sont pas nécessairement des militants du parti, les subventions publiques, les activités lucratives du parti ou encore les dons étrangers lorsqu’ils sont autorisés par la réglementation en vigueur. 31Il y a un certain nombre d’approches pour étudier les systèmes de partis. 57Pour ce qui est de l’écart des voix entre les deux principaux partis, le souci est de s’assurer qu’on n’est pas en présence d’un système à parti dominant, comme c’est le cas au Mozambique, où l’écart entre le FRELIMO et la RENAMO est beaucoup plus important. 0000006208 00000 n
Considère-t-il comme parti politique une formation qui participe aux élections, mais de façon non régulière – peut-être une fois tous les deux ou trois scrutins ? 17Il convient que l’on explicite, à ce stade, le sens du terme « parti d’opposition », qui pourrait sembler banal, mais qui constitue l’élément central du présent ouvrage. © Presses de l’Université de Montréal, 2017, Conditions d’utilisation : http://www.openedition.org/6540. SOUARÉ, Issaka K. Les partis politiques de l'opposition en Afrique : La quête du pouvoir. Vérifiez si votre institution a déjà acquis ce livre : authentifiez-vous à OpenEdition Freemium for Books. 43Sous les régimes de parti unique, que ce soit de facto ou de jure, les partis d’opposition ne sont pas autorisés à exercer librement. 16Au sujet de l’ambition de la formation politique de conquérir le pouvoir comme condition pour être qualifiée de parti politique, il est absolument évident que tel est l’objectif d’au moins les principaux partis politiques dans tous les pays d’Afrique. 25Mais avant, rappelons que Salih (2003) évoque une autre source ou un autre facteur de création de partis politiques en Afrique. Parmi ces trois pays, cependant, la Sierra Leone représente le système bipartisan le plus ancré sur le continent (voir tableau 1.2). Répondre à cette question nous paraît très important dans la mesure où les pays africains n’ont pas encore une longue histoire en matière d’élections ; en effet, comme nous l’avons vu plus haut, les régimes de partis uniques et les juntes militaires ont suspendu jusqu’au début des années 1990 le multipartisme et, ipso facto, les élections compétitives dans la plupart des pays africains. 64Il sied de noter, enfin, que le Lesotho et le Sénégal ont expérimenté avec le système bipartisan qui n’est plus d’actualité. 100Nous avons ensuite porté un regard critique sur les systèmes de partis, passant en revue tour à tour les systèmes à parti unique ou dominant, les systèmes bipartisans et les systèmes multipartites. Certainement, les partis Ennahda en Tunisie, Justice et Développement au Maroc, Liberté et Justice en Égypte, le Parti chrétien-démocrate de la Namibie et son pendant de l’Afrique du Sud, qui ont des référentiels religieux, peuvent être accusés de tout sauf de ne pas avoir d’idéologie ou de programme de société. Dans la plupart des pays africains, l’on peut même parler de « multipartisme anarchique et désordonné », tel que Duverger (1973) décrivait le système partisan italien du début des années 1950. Il soutient que si les considérations ethniques semblent peser au Kenya, elles sont presque absentes chez les deux principaux partis politiques ghanéens, qui sont « programmatiques », alors que les Nigérians seraient partagés entre les considérations ethniques et celles dites « clientélistes » (Elischer, 2008). En effet, tous les partis politiques ont des « fiefs » électoraux où leur réussite électorale est presque toujours attendue et où, dans le cas d’un « vote sanction », leur échec surprend ou interpelle. 0000004857 00000 n
52Mais comment appliquer cette définition aux partis politiques africains alors qu’il n’y a pas d’entendement explicite sur le cycle de régularité des alternances entre les deux principaux partis ? Mbeki s’est donc vu servir le sort administré à Margaret Thatcher par le parti conservateur britannique en 1990. 56La condition selon laquelle cette dominance doit se poursuivre pendant au moins quatre élections successives se justifie, dans le contexte africain, par le fait que, comme nous l’avons vu déjà, le rétablissement du multipartisme dans la plupart des pays du continent ne date que du début des années 1990, la majorité des élections dites « fondatrices » ayant été organisées entre 1991 et 1995. Il insiste pour dire que ce système appartient « incontestablement à l’aire du pluralisme partisan » (2011, p. 289). Les trois systèmes bipartisans parfaits lors des quatre derniers scrutins. Avec en plus les 8 sièges attribués à la proportionnelle, dont elle s’est emparée de 4, tout comme le parti au pouvoir, l’opposition contrôle la sixième législature seychelloise avec 19 sièges contre 14 pour le parti du président Michel. Après avoir analysé le leadership et le degré de démocratie au sein des partis, nous nous sommes penché sur les modalités de financement des partis politiques, leur nature par rapport aux particularités ethniques ou régionalistes, ainsi que leurs idéologies et leurs projets de société.
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